Les fondateurs de Diaspora ont envoyé aujourd’hui un message à toute la communauté, et il dévoile un peu plus le concept du réseau social. Vous trouverez plus bas le texte anglais qui décrit ce concept.
To put it in a nutshell …

Les fondateurs se fixent comme date de lancement la fin Octobre. Un meilleur réseau social, après tout, demande un peu de travail. Et puis, les dernières évolutions de FB et de Google+ pressent un peu la sortie du nouveau réseau.
Mais ce n’est pas sur le plan technique que Diaspora cherche à se distinguer. C’est plutôt sur le concept.
Avec Diaspora, on revient aux fondamentaux du réseau et du web : un système de communication qui n’est pas possédé par une seule entité, et qui n’est pas hébergé physiquement chez une seule entité.

« Diaspora isn’t housed in any one place, and it’s not controlled by any one entity (including us). »

L’idée repose sur des noeuds de réseau (appelés « pod ») qu’on peut créer de manière indépendante et relier à l’éco-système diaspora. Un peu comme si vous créiez votre propre site Internet et décidiez de le connecter au réseau, sauf que le conteneur contient essentiellement des données sociales et que vous pourrez, à l’avenir, après d’ultimes développements, les retirer. L’intérêt est de pouvoir se connecter avec vos amis de la manière que vous choisissez. De manière alternative, vous pouvez vous connecter à des pods ouverts.
Avec une idée assez libertaire qui fait la part belle à l’initiative individuelle, les fondateurs proposent donc de sortir du schéma classique des réseaux sociaux. Au fond il y a une conception assez candide de l’identité des individus et une philosophie.

« This means you can do what you want. You can express yourself candidly, and be your authentic self. »

Être soi-même pour Diaspora, c’est pouvoir choisir de s’exprimer sans peur que des données soient mal contrôlées, et de choisir quand échapper ou non au regard de la communauté la plus large. Sur cet aspect là, on peut se demander ce qu’ils apportent de différents par rapport à Google+ ou FaceBook qui permettent une sélection de l’audience très fine (depuis le message direct, jusqu’à la communication exclusive et la communication publique totale).
L’anonymat est également possible par l’utilisation d’un pseudo. Au fond, on vous propose l’anneau de Gygès pour pouvoir dire ce que vous voulez.
Les fondateurs pensent qu’ainsi les gens se rencontreront à travers leur « réel » moi : celui qui affranchit de ses apparences rencontrerait son voisin grâce à de plus hautes affinités.
Des affinités électives pures en quelque sorte. Une sorte de pointscommuns.com ou de meetic affinity sans photo, quoi ??
C’est l’angle d’analyse le plus intéressant, je pense. FB a été créé dans une visée pratique, et son développement a été porté par l’intérêt de son fondateur pour l’humanité (je plaisante).
Les fondateurs de Diaspora ont créé un dispositif technique qui incarne leur vision de ce que devrait être la construction du lien social sur Internet. Il y a quelques idées bien naïves et une philosophie idéaliste : l’apparence abolie, mon vrai moi se révèlerait, et l’intérêt de ma personne pourrait enfin se révéler aux autres. On attend des discussions philosophiques et spirituelles à tout crin, là où il n’y avait que des photos de vacances ?
Mais, à côté de cela, le dispositif ainsi produit s’affranchit de la propriété d’une entité, puisque chacun peut créer son pod individuellement. Ce qui veut dire également que le secteur marchand aura plus de mal à monétiser ces données (petit problème : il y a déjà 750 millions d’utilisateurs sur FB).

La fin du message fait deux ouverture intéressantes :
– la possibilité de poster des informations sur d’autres réseaux sociaux depuis votre pod (sur Diaspora, vous êtes purs et libres, et vous pouvez en faire profiter le monde entier sur les autres réseaux …),
– la possibilité de déplacer ses données sociales depuis un pod vers un autre (une sorte de fonction « take it back ». Les informations personnelles sur Internet laissent des traces, et Diaspora donnerait la possibilité de les effacer derrière soi. Les questions sont: est-ce qu’on pourra également effacer les traces que les autres ont laissé de nous ? Comment fait-on un système ouvert que chaque individu peut contrôler ?
Gardons donc ce qu’il y a d’intéressant dans Diaspora : un dispositif qui nous permet d’être acteur de notre identité sociale sur Internet et un projet alternatif enthousiaste. De plus, on peut penser que Diaspora jouerait comme un aiguillon pour les autres réseaux sociaux.
Mais si vous voulez vraiment révéler au monde votre « vrai » moi, votre moi « pur », en dehors des considérations matérielles qui le cacheraient, ne rêvez pas trop d’Internet.

P.S. Dans le prochain post, nous vous décrirons les premiers tests sur le pod ouvert : diasp.eu. Pour le moment, ça ressemble à un réseau social classique. Nous espérons être parmi les premiers à pouvoir créer notre propre « pod ».

P.P.S. Le message des fondateurs :

« Dear Friend of Diaspora* –

Thanks again for your interest in joining the Diaspora* community, and for your patience. We’re working on getting your invite out to you as quickly as possible, and we’re still committed to getting it to you by the end of October. We’re pushing out hundreds of thousands of invitations as quickly as we can — thanks for bearing with us.

As promised in our previous message, we want to tell you a little more about why we believe so strongly in Diaspora*’s mission: to build a new and better social web, one that’s 100% owned and controlled by you and other Diasporans.

Diaspora*’s distributed design is a huge part of it. Like the Internet itself, Diaspora* isn’t housed in any one place, and it’s not controlled by any one entity (including us). We’ve created software that lets you set up and run your own social network on your own « pod » (or server) and connect your network to the larger Diaspora* ecosystem. You can have a pod all to yourself, or one for just you and your friends, or your family, giving you complete ownership and control over your personal social information (including your identity, your posts, and your photos) and how it’s all stored and shared. Or you can simply join one of more than 20 open pods.[1]

This means you can do what you want. You can express yourself candidly, and be your authentic self. You can go by whatever name you like on Diaspora*. Pseudonyms are fine, and this both protects you (if you want to say something your boss or your parents disagree with) and opens the door to real connection. Here’s how one blogger and Diasporan put it:
Maybe his kind words mean so much to me because T is someone I’ve met through a [pseudo]nym — he got to know the real me’s ideals and beliefs, and liked that person… A compliment from [him] is based on my own sincerity, and thus, has a certain purity. It is untainted by perceptions of how I look, what I’m wearing, and so on. Given that, I value it especially highly.[2]
This kind of authentic connection brings back the social freedom that made the Internet awesome in the first place. And this is just the beginning.

You can make great connections with anyone in the Diaspora* ecosystem, not just the people on your own pod, because the pods are linked together.

You can also use Diaspora* as a home base for your outbound posts on Facebook, Twitter, and Tumblr, writing to them all from Diaspora*. In the future, you’ll be able to monitor your inbound streams from Diaspora* as well.

Yet our distributed design means no big corporation will ever control Diaspora*. Diaspora* will never sell your social life to advertisers, and you won’t have to conform to someone’s arbitrary rules or look over your shoulder before you speak.

And because your information is yours, not ours, you’ll have the ultimate power — the ability to move your profile and all your social data from one pod to another, without sacrificing your connection to the social web. Over time, this will bring an end to the indifferent, self-serving behavior that people can’t stand[3] from the walled gardens that dominate social networking today. When you can vote with your feet for the environment where you feel safest, the big guys will have to shape up, or risk losing you.

We’re still building this move-your-profile capability, as well as other key features. It’s hard work, but we’re building the future we want to see, with incredible community support.

Diaspora* is a genuine community effort. More than 160 people have contributed to our code, putting us in the top 2% of all open source projects tracked by Ohloh.[4] Hundreds more volunteers have translated Diaspora* into 13 of the world’s spoken languages so far, with another 32 translations in progress. Thousands of Diasporans have given us more than 3,000 points of feedback. (We’re listening closely, and building the features you’re asking for as fast as we can.) And of course, thousands of donors have helped pay for our development, and hundreds of thousands of people — including you — are patiently waiting for access to try it out.

Thanks again for your patience. We can’t wait to see you here, and to build a brighter future together.

Sincerely,

– Dan, Max, Ilya, Sarah, Yosem, and Peter
Wednesday, September 21st, 2011
[1]: JoinDiaspora.com is just one of the pods within the Diaspora* ecosystem. Here’s a directory of some of the others that are open to new users (there are even more out there too, including many that are private, not open).
[2]: Excerpts from this blog post by Garidin Winslow.
[3]: « Report: Facebook Is Most Hated Social Media Company« , Courtney Rubin, Inc. Magazine, July 20, 2011.
[4]: http://www.ohloh.net/p/diaspora/factoids/10029264 »

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